
Discours de Jean-Luc Moudenc, lors du Conseil municipal d’installation, le vendredi 27 mars 2026
Mes chers collègues,
Je vous remercie de votre confiance, même si elle n’est pas une surprise, elle me touche.
C’est la quatrième fois que je reçois l’écharpe de Maire après mon élection en tant que Maire de Toulouse dans cette salle illustre du Conseil municipal de Toulouse.
Le hasard ou le destin fait que je reçois cette écharpe de Jean-Paul Bouche et je ne peux taire le lien amical et personnel ancien que j’ai avec Jean-Paul. Je l’ai vu arriver au Conseil municipal pour la première fois en décembre 1986, il y a près de 40 ans. Je l’ai vu arriver comme benjamin du Conseil municipal. C’est une belle symbolique qu’un benjamin devienne le doyen. Et de belles performances ! Même si, tu le sais Jean-Paul, je t’ai enlevé quelques semaines plus tard cette symbolique place de benjamin du conseil municipal, ce qui n’a jamais altéré notre amitié, et au-delà, je veux saluer l’engagement de Jean-Paul que nous connaissons, en faveur des valeurs de la République, de la laïcité et de la fraternité. Je vous souhaite bienvenue à tous.
Nous sommes réunis, 69 élus, je me permettrai d’avoir une pensée pour ceux d’entre vous qui sont élus nouvellement, 29 nouveaux élus. Parmi les 29, il y en a 3 qui reviennent. Un retour, c’est toujours intéressant aussi. Bienvenue à tous, et notamment aux 26 pour qui c’est la première fois, et en disant cela, je me souviens moi aussi de ma première fois que certains ont voulu souligner pendant cette campagne.
J’espère, mes chers collègues, que la symbolique de cette maison vous inspirera pour entrer dans le Capitole, vous êtes passés sous le porche historique. Ce porche historique qui est la suite du fronton du Capitole, le fronton du Capitole où cohabitent pacifiquement, car toutes les municipalités toulousaines et républicaines l’ont voulu, le symbole de la République, les armoiries du royaume de France, avec les trois lys de la dynastie capétienne, avec la couronne royale, appuyée par deux anges qui sont aujourd’hui les armes de la maison de France.
En pénétrant dans la cour Henri IV, vous avez croisé la statut et le regard du roi Henri IV. Pourquoi il est demeuré le souverain le plus populaire des Français ? C’était un homme de réconciliation et après une guerre de religions d’une dureté inouïe, il a œuvré, est monté sur le trône, et a réconcilié les deux France, pendant le temps de son règne. Puisse cet esprit nous inspirer, car après la bataille, on doit cheminer ensemble, il faut mettre la division de côté, apaiser. La leçon d’Henri de Bourbon, c’est respecter les différences et concevoir les différences non pas comme des motifs d’opposition, mais comme des richesses, des additions, une diversité à conjuguer harmonieusement.
Je ne peux pas commencer sans avoir une pensée pour ceux qui étaient là il y a peu encore, les élus sortants qui ne sont pas réélus. Je veux leur adresser un message de reconnaissance qui sera le vôtre également, en particulier à ces élus qui ont beaucoup travaillé pendant 6 ans, 12 ans, voire plus, et qui ont bénéficié de ma confiance à travers les délégations que je leur avais données. Je ne me garde d’oublier les élus d’opposition qui étaient là et qui ont fait leur travail, parfois dans des expressions qui ont pu nous heurter, mais il n’y a pas de démocratie sans opposition, sans débat. Comme nous sommes à Toulouse où « même les mémés aiment la castagne », il faut accepter que le débat soit un débat vif. Merci à tous ces élus qui ne sont plus là et auxquels je pense.
C’est dans le même esprit que je salue tous les Toulousains, Toulousaines pour leur dire : à partir de ce jour, les élections sont passées, le Conseil municipal est installé, nous sommes à votre service.
Nous nous mettons sans tarder au travail pour améliorer votre quotidien, et au travail pour préparer la ville de demain.
En remerciant les Toulousains, vous comprendrez que mes premières pensées sont pour les 92152 citoyens qui nous ont fait confiance et qui nous ont portés à la place majoritaire qui est la nôtre.
Je m’adresse aussi aux 78925 Toulousains qui ont choisi la liste adverse. Nous serons à votre service pareillement.
Je n’oublie pas les autres dont nous ne parlons pas beaucoup, ceux qui n’ont pas voté, avec un bulletin blanc ou nul. Nous travaillerons pour et avec tous les Toulousains et Toulousaines, sans les catégoriser, sans distinction, aucune.
Je ne peux pas dire cela sans avoir une pensée particulière de remerciements pour les agents de la collectivité qui ont participé à l’organisation du scrutin, particulièrement les agents du service d’élection. Ce scrutin s’est passé impeccablement, et pourtant, vous savez, c’était un corps électoral considérable avec un enjeu majeur et avec beaucoup de bureaux de vote, des nouveaux votants, tout cela s’est bien passé, on le leur doit. Je serais ingrat si je ne saluais pas leur grand professionnalisme.
Sur le fond, vous le savez, la France entière nous a regardés. Le peuple toulousain s’est exprimé, une nouvelle fois. C’est heureux.
La démocratie qui a son coeur battant, a triomphé avec une participation record, ce qui donne aux résultats une force et une représentativité démocratique remarquable. Une fois encore, le peuple toulousain a imposé sa liberté par rapport aux minables arrangements politiciens nocturnes dont le but était de piétiner les convictions pour ne faire que se répartir les sièges, le contraire de ce que veulent nos concitoyens à Toulouse et ailleurs.
La liberté, ils l’ont affirmée face aux consignes des partis politiques. Ils l’ont exprimée face aux prévisions des sondages qui voulaient leur dire quoi voter avant même d’aller aux urnes. La liberté face à un conformisme de la pensée politique dominante.
J’ai lu des déclarations interprétant tantôt le nombre de voix, tantôt les pourcentages. Je dois vous dire que ça m’a fait plutôt sourire. Ça me permet aujourd’hui de dire la vérité : quelle est la vérité de ces résultats ? La vérité c’est que dans les 11 villes les plus importantes de France, de plus de 200000 habitants et plus, la liste qui a obtenu le pourcentage le plus fort, c’est la liste Protégeons l’avenir de Toulouse.
L’autre vérité, c’est que dans l’histoire de Toulouse, nous avons des maires depuis 1790, même si vous le savez tous. Dans l’histoire des scrutin municipaux, jamais une liste n’a obtenu autant de suffrages. Cependant, contrairement aux déclarations auxquelles je fais allusion, je serai plus objectif, et je dirais que le nombre de suffrages record obtenus est sans doute due grâce au mérite des uns et des autres, et à la croissance démographique.
Venons-en au fond. Quel soulagement ! Quel soulagement, nous l’avons échappé belle ! Le triste et inquiétant spectacle de l’arrivée de maires et d’élus insoumis aux commandes d’un certain nombre de villes de notre pays, montre ce qui se serait passé aujourd’hui et que nous empêché. A Saint-Denis, dès le premier tour, la défaite du maire sortant a été consommée. Mathieu Hanotin, un ami, j’ai été député à ses côtés, c’est la deuxième ville par l’importance démographique de l’Ile-de-France. Malgré les masques de ce type de liste, faisant disparaitre les sigles, ce qu’il s’est passé, c’est que le nouveau maire a indiqué que les agents de la collectivité en désaccord de la nouvelle municipalité devraient être exclus. C’est pas mal venant de ceux qui donnent des leçons sur l’inclusion, la République. Il est indiqué que les policiers seraient privés de certaines armes. Ça va fragiliser les policiers municipaux, ils quitteront cette collectivité, ils iront dans les villes avec une doctrine assumée comme à Toulouse, et à la fin, nous auront un El Dorado de la délinquance avec les moyens techniques pour protéger les citoyens en moins, et un nombre de policiers municipaux en moins. Pauvres Dionysiens.
A Grenoble, un nouvel élu LFI, de la coalition de la honte, qui vomit une insulte homophobe à un commerçant qui n’était pas d’accord avec la nouvelle municipalité. Là aussi, les discours sur la discrimination, notamment l’homophobie, se trouvent relativisés par ce type de comportements honteux. Ailleurs, et j’en resterai là, nous avons vu comment les alternances se sont passées quand les insoumis prennent une ville, l’équipe sortante part sous les huées, l’irrespect. Tout cela montre les masques électoralistes qui tombent et cela confirme que la France Insoumise n’est pas un parti comme les autres, il est anti-républicain. Nous devons faire barrage à cette force dangereuse.
Les Toulousains ont eu la lucidité de se protéger pour ne pas tomber dans un tel précipice anti-démocratique. Ils ont été conscients, éclairés des valeurs de la lumière. Toute sensibilité politique confondue, ils ont réagi selon ces principes.
Permettez-moi de dire aux Toulousains que je suis fier d’eux. Je suis fier qu’à l’opportunisme, ils aient préféré l’authenticité. Qu’au changement de position, ils aient préféré la constance, qu’à l’idéologie, ils aient préféré le pragmatisme, à la virulence des attaques, le respect à l’amateurisme, la solidité, au mensonge, la vérité, à la politisation outrancière, l’ouverture sincère. Je suis fier qu’aux promesses non financées, ils aient préféré les propositions réalisables. Au bruit et à la fureur, le calme. Enfin, je suis fier qu’à l’arrogance, ils aient préféré l’humilité.
Mes chers collègues, maintenant, ce que je vous propose, c’est de nous tourner vers l’avenir. De nous tourner vers l’avenir avec cette arme considérable qui nous a été donnée dimanche dernier : la confiance.
La confiance qui va nous permettre de dérouler notre projet au cours des années à venir, basé sur l’ordre et dont la finalité est le progrès. L’ordre pour l’ordre, ce n’est pas un projet. C’est la condition indispensable pour que le progrès puisse se concrétiser et se traduire en de multiples projets dans tous les domaines. Tout cela servi par le sérieux budgétaire, et le sérieux budgétaire, mes chers collègues, on va en avoir besoin, vous le savez.
Nous vivons dans des temps incertains, je crains que ce soit le cas encore un certain temps et au milieu de ces incertitudes, il y a une certitude qui fait froid dans le dos : la situation financière de l’Etat, et je vous en parle en tant qu’élu et professionnel. Elle est dramatique et ne va pas s’arranger en 3 ans. Quelle que soit la couleur des gouvernements qui vont arriver au cours de cette mandature, nous savons que l’Etat ira ponctionner comme il le fait déjà, dans les finances de la collectivité. Comptez sur moi pour combattre cela, sans regarder la couleur du gouvernement. Ce sera avec la même sincérité, volontarisme, que je combattrai avec mes collègues maires des grandes villes, l’Etat qui crée des problèmes aux collectivités qui n’en ont pas, tout cela pour résoudre ses propres problèmes.
Nous allons agir, nous l’avons dit et je le redis, car c’est important, surtout dans cette salle, nous allons agir, dérouler nos projets, en préservant l’identité toulousaine. L’identité toulousaine, c’est quelque chose de positif. Ce n’est pas une identité négative qui heurte les autres identités ou qui entre en conflit. Non. L’identité toulousaine, vous la connaissez, c’est le patrimoine, la culture, le sport, c’est le dynamisme de l’économie, avec en particulier ce joyau qui est l’aéronautique, la formation avec l’enseignement supérieur, les laboratoires de recherches, cette jeunesse formidable, ces seniors qui amènent leur expérience. Voilà l’identité toulousaine.
L’identité toulousaine, je l’ai dit, martelé pendant cette campagne, lors des deux réunions publiques avec mes amis, c’est l’ouverture à la diversité. La diversité, c’est une chance, une belle réalité. Quand les Toulousains, regardant la liste que je leur proposais, ont découvert les visages des uns et des autres, ils y ont vu un choix positif assumé.
Nous allons agir, bien sûr pour tous les Toulousains, mais la leçon des urnes c’est que nous devons davantage parler à la jeunesse. La jeunesse, nous faisons beaucoup pour elle, beaucoup plus que la plupart des grandes villes. Il faut être réalistes, nous n’avons pas su parler suffisamment à la jeunesse, que nous n’avons pas su communiquer. Il y a des jeunes qui m’ont parlé et qui m’ont dit qu’ils ne savaient pas qu’il y a des avantages. Nous aurons un dialogue particulier à organiser pour que la jeunesse se sente davantage toulousaine.
Nous aurons à lutter contre une désinformation qui s’est développée dans cette campagne, pour intoxiquer de fausses nouvelles le monde culturel toulousain. Nous l’avons toujours soutenu dans sa grande diversité en respectant sa liberté de création. S’il y a bien une municipalité qui n’est pas intervenue auprès de telle scène, équipement culturel, pour dire je veux ceci, c’est bien nous. Nous avons un effort de réinformation après cette désinformation qui a été déroulée par les opposants, avec le relais de certains acteurs culturels. Ne comptez pas sur moi pour faire l’amalgame. L’immense majorité, 98% des acteurs culturels ont reconnu l’effort exceptionnel que nous faisons pour la culture. C’est juste une toute petite minorité qui devra abandonner cette propension à politiser la culture.
Voilà mes chers collègues l’esprit dans lequel nous allons agir pendant les 6 ou 7 ans qui viennent. Il ne s’agit pas de borner notre actions aux 7 ans qui viennent. Ce que nous allons mettre en oeuvre doit bénéficier aux Toulousains bien au-delà de la durée de la mandature. Et comptez sur moi pour que nous nous projetions de façon à ce que quand ce mandat se terminera, il y ait pour les Toulousains, une proposition municipale dans le même esprit que celle que nous avons portée.
J’y travaillerai, je ferai des propositions au moment venu, ma personne n’est rien, mon principe est tout, notre ville est tout.
Cet esprit que nous avons fait vivre pendant 12 ans, que nous avons proposé aux Toulousains, qu’ils ont choisi et que nous allons concrétiser, cet esprit, c’est celui qui refuse de réunir les Toulousains dans un seul camp, mais une volonté puissante d’être au service et de rassembler toutes les Toulousaines et tous les Toulousains quels qu’ils soient. Nous allons faire cela et à préparer la même proposition pour au-delà de ce mandat. Nous combattrons au cours des 7 ans à venir le mélenchonisme et les insoumis.
Ce que je veux dire, par rapport à tout ce que l’on a vu, ces temps troublés que nous avons partagés à Toulouse, c’est que nous pourrions nous inspirer de la maxime de Charles Péguy : « le triomphe et la démagogie sont passagers, mais leur ruine est éternelle ». Les Toulousains ont été conscients de tout cela. Mes chers collègues, nous continuerons à agir dans le cadre des valeurs de la France, de la République, de la Démocratie. Dans cette même lignée de cet humanisme toulousain, c’est celui de la conviventia, hérité de temps et de siècle, ce sont ces valeurs que les Toulousains ont voulu plébiscitée dimanche dernier. Avec le poète Apollinaire, « jamais les crépuscules ne vaincront les aurores ».
Je vous remercie.
*Seul le prononcé fait foi.



